Le Dr Philip Ovadia est chirurgien du cœur, et il fait quelque chose qui surprend — même ses collègues : il ne prescrit pas automatiquement de statines quand le LDL est élevé.
Pour beaucoup, ça ressemble à de l’imprudence. Après des années à traiter des milliers de patients et à voir les maladies du cœur de ses propres yeux, il pense exactement l’inverse.
Le LDL n‘est pas un poison
D’abord, il faut comprendre ce qu’est vraiment le LDL. Ce n’est pas une toxine : c’est un transporteur. Son travail, c’est de livrer le cholestérol et des nutriments essentiels à tous les tissus du corps.
Et le cholestérol lui-même est vital : il sert à réparer les membranes des cellules, à fabriquer les hormones et la vitamine D, et à une foule d’autres fonctions.
Le LDL existe pour une bonne raison — un chiffre élevé, à lui seul, ne veut pas dire que les artères se bouchent. C’est une donnée parmi d’autres, pas toute l’histoire.
Ce que font les statines — et ce qu‘elles ne font pas
Les statines (les médicaments contre le cholestérol les plus prescrits) bloquent une étape de la fabrication du cholestérol dans le foie, ce qui fait baisser le LDL dans le sang.
Dans certaines situations précises — les gens qui ont déjà fait une crise cardiaque, ou les profils à très haut risque — elles réduisent le risque de façon mesurable.
Mais voici ce qu’elles ne réparent pas : le dysfonctionnement métabolique (quand le corps gère mal le sucre et l’énergie), l’inflammation chronique et la résistance à l‘insuline — alors que ce sont ces problèmes-là qui causent vraiment les maladies du cœur chez la majorité de ses patients.
En plus, beaucoup de gens subissent des effets secondaires : douleurs musculaires, fatigue, brouillard mental (cette sensation de tête dans le brouillard, de concentration difficile). Faire baisser un chiffre ne règle pas forcément la cause profonde.
Les vrais facteurs de risque
Pour le Dr Ovadia, il faut regarder ailleurs : la résistance à l’insuline, le sucre chroniquement élevé, les triglycérides élevés (des graisses qui circulent dans le sang), le gras viscéral (le gras caché autour des organes, dans le ventre), l’inflammation chronique.
Ce sont ces facteurs qui abîment directement la paroi des artères et créent le terrain où les dépôts se forment… puis se rompent.
Ce qu‘il dit à ses patients
Plutôt que de courir après un seul résultat de laboratoire, il mise sur des stratégies concrètes et durables : améliorer la sensibilité à l’insuline, calmer l’inflammation, renforcer la santé métabolique, construire et garder sa masse musculaire, mieux dormir, réduire le gras du ventre.
Bref : traiter les vraies causes au lieu de seulement gérer des chiffres.
Et les statines, jamais ?
Il reste nuancé et responsable : oui, dans certaines populations bien précises, où les preuves sont les plus solides, les statines ont leur place — après une évaluation soigneuse du risque de chaque patient, et dans une décision prise ensemble entre le patient et son médecin. Pas de dogme d’un côté ni de l’autre : du cas par cas.
Sa conclusion : le LDL n’est qu’une pièce d’un casse-tête bien plus grand. Le risque de maladie du cœur dépend de plusieurs facteurs, et les décisions devraient viser la santé métabolique globale — pas une seule valeur sur une feuille de laboratoire. 💊
Source : Dr Philip Ovadia — https://youtu.be/18xg1nHFnns
