Santé - divers · 18 septembre 2026 · par Daniel Bigras

HAUTE PRESSION? LA RAISON CACHÉE POURQUOI TES REINS RETIENNENT-ILS LE SEL?

Dans une nouvelle vidéo, le Dr Tony Hampton n’est pas tendre envers les médecins qui ont la prescription facile, les comparant à des vendeurs de drogue.

Mais la vidéo focalise sur un trouble de santé que j’avais, la haute pression. Et Dr Hampton explique un cas classique : une personne améliore son alimentation, perd 30 livres, améliore sa glycémie, bouge davantage et traite son apnée du sommeil… mais sa pression demeure autour de 158/94 malgré plusieurs médicaments.

https://www.youtube.com/watch?v=gAZ7eX8EWu0

On peut évidemment chercher les causes habituelles : résistance à l’insuline, excès de gras viscéral, apnée du sommeil, maladie rénale, alcool, stress, certains médicaments et alimentation. L’insuline elle-même peut favoriser la rétention de sodium. Mais Hampton pose ensuite une question beaucoup plus intéressante : pourquoi les reins décident–ils de retenir ce sodium au départ?

🫘 NOS REINS NE GARDENT PAS LE SEL PAR ACCIDENT

La rétention de sodium est normalement un mécanisme de survie extrêmement bien contrôlé. Lorsque le corps détecte que le volume de sang ou la pression deviennent trop faibles, les reins libèrent une substance appelée rénine.

La rénine déclenche ensuite une chaîne de réactions qui finit par produire de l’angiotensine II. Celle-ci indique notamment aux petites glandes situées au-dessus des reins — les glandes surrénales — de libérer une hormone appelée aldostérone.

Et l’aldostérone donne essentiellement cet ordre aux reins :

« Gardez le sodium. »

Les reins récupèrent alors davantage de sodium au lieu de l’éliminer dans l’urine. L’eau suit naturellement le sodium, le volume de sang augmente et la pression artérielle remonte. En même temps, les reins ont tendance à éliminer davantage de potassium.

C’est brillant lorsque nous avons réellement besoin de conserver notre eau et notre sodium. Le problème commence lorsque ce système reste allumé alors qu’il devrait être éteint. (https://www.endocrine.org/clinical-practice-guidelines/primary-aldosteronism-2?utm_source=chatgpt.com)

🚨 QUAND UNE GLANDE SURRÉNALE REFUSE DE FERMER LE ROBINET

Chez certaines personnes hypertendues, une ou les deux glandes surrénales produisent trop d’aldostérone sans en avoir besoin. Cette maladie porte le nom d’aldostéronisme primaire.

Imaginez que le corps dise : « On a suffisamment de sang, suffisamment de sodium, arrêtez d’en retenir. » Normalement, la rénine diminue et l’aldostérone devrait suivre. Mais dans l’aldostéronisme primaire, la glande surrénale continue de dire aux reins : « Gardez encore le sodium. »

Résultat : davantage de sodium retenu, davantage d’eau retenue, davantage de volume dans les vaisseaux et une pression artérielle qui peut devenir très difficile à contrôler.

Et voilà le détail qui m’a surpris : ce n’est pas une petite maladie endocrinienne exotique. Les nouvelles recommandations de l’Endocrine Society estiment qu’elle pourrait toucher environ 5 à 14 % des personnes hypertendues suivies en première ligne, avec des proportions encore plus élevées dans certaines cliniques spécialisées. Chez les personnes dont l’hypertension résiste à plusieurs médicaments, certaines études dépassent 20 %.

Autrement dit, chez quelqu’un qui prend trois médicaments et dont la pression refuse toujours de descendre, chercher pourquoi le corps retient le sodium peut être beaucoup plus intelligent que simplement ajouter un quatrième médicament.

🥔 « MAIS SON POTASSIUM EST NORMAL! »

C’est justement un des pièges. Un excès important d’aldostérone peut faire perdre du potassium dans l’urine, donc un potassium sanguin trop bas attire l’attention.

Mais un potassium normal n’exclut pas l’aldostéronisme primaire. C’est une des raisons pour lesquelles des cas peuvent passer sous le radar.

Le dépistage repose surtout sur deux mesures sanguines : l’aldostérone et la rénine. On cherche essentiellement une situation dans laquelle l’aldostérone reste anormalement active alors que la rénine est basse, signe que le corps tente déjà de fermer le système. Les recommandations de 2025 de l’Endocrine Society vont maintenant jusqu’à suggérer, sous certaines conditions, le dépistage chez toutes les personnes hypertendues. (https://www.endocrine.org/clinical-practice-guidelines/primary-aldosteronism-2?utm_source=chatgpt.com)

🌙 ET UNE ÉTUDE DE 2026 VIENT DE RENDRE L’HISTOIRE ENCORE PLUS INTÉRESSANTE

Normalement, on mesure une hormone avec une prise de sang à un moment précis. Mais une étude publiée en août 2026 dans Science Translational Medicine a suivi 60 personnes atteintes d’aldostéronisme primaire pendant 24 heures, avec des prélèvements répétés permettant de suivre les variations hormonales.

Et les chercheurs ont découvert que l’aldostérone n’était pas nécessairement constamment élevée. Chez plusieurs patients, elle arrivait plutôt sous forme de poussées importantes pendant la nuit et tôt le matin, particulièrement lorsque le problème provenait principalement d’une seule glande surrénale.

Hampton utilise une analogie parfaite :

Une prise de sang est une photographie. La biologie hormonale est un film.

Prenez une photo de Times Square à quatre heures du matin et vous pourriez conclure que New York est une ville tranquille. La photo n’est pas fausse; vous avez simplement photographié le mauvais moment.

C’est exactement ce que cette nouvelle étude suggère pour l’aldostérone. Chez certains patients, une mesure ponctuelle pendant la journée pourrait ne pas montrer toute l’anomalie parce que les épisodes les plus importants surviennent pendant le sommeil.

Encore plus intéressant : chez les patients dont l’excès provenait d’une seule surrénale et qui ont subi l’ablation de cette glande, le profil hormonal anormal a disparu après l’opération. Ça renforce sérieusement l’idée que les chercheurs observaient directement le comportement de la maladie.

Cette méthode de surveillance sur 24 heures demeure expérimentale. Les prises de sang traditionnelles pour l’aldostérone et la rénine restent actuellement la méthode recommandée pour commencer le dépistage.

❤️ POURQUOI TROUVER CETTE CAUSE CHANGE RÉELLEMENT QUELQUE CHOSE

L’aldostéronisme primaire n’est pas simplement « une autre façon d’avoir de la haute pression ». À pression comparable, il est associé à davantage d’accidents vasculaires cérébraux, de fibrillation auriculaire, d’insuffisance cardiaque, de maladie coronarienne et de dommages rénaux que l’hypertension sans excès d’aldostérone.

Et surtout, trouver la cause permet de traiter le mécanisme. Lorsque les deux surrénales produisent trop d’aldostérone, des médicaments peuvent bloquer l’action de cette hormone. Lorsque l’excès provient principalement d’une seule glande et que le patient est un bon candidat, une chirurgie peut parfois s’attaquer directement à la source.

L’alimentation, l’exercice, le sommeil, la perte de gras viscéral et l’amélioration de la résistance à l’insuline restent évidemment importants. Mais si une glande surrénale fabrique de l’aldostérone de façon autonome, perdre 30 livres ne lui ordonne pas nécessairement d’arrêter.

🎯 C’EST PROBABLEMENT LA MEILLEURE LEÇON DE CETTE VIDÉO

Lorsqu’une pression artérielle demeure élevée malgré une amélioration spectaculaire de la santé métabolique et plusieurs traitements, la bonne question n’est pas toujours :

« Quel médicament manque–t–il? »

Elle peut être :

« Pourquoi mon corps essaie–t–il encore de retenir autant de sodium? »

Et parfois, la réponse se trouve dans deux minuscules glandes posées au-dessus de nos reins.

Nos reins ne sont peut–être pas le problème. Ils peuvent simplement obéir à un mauvais ordre hormonal.

📚 Sources

Endocrine Society, 2025 — nouvelles recommandations sur le dépistage et le traitement de l’aldostéronisme primaire.
https://www.endocrine.org/clinical-practice-guidelines/primary-aldosteronism-2?utm_source=chatgpt.com

Grytaas et coll., 2026 — surveillance sur 24 heures de l’aldostérone chez 60 patients, avec hyperproduction pulsatile surtout pendant la nuit.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42647593/?utm_source=chatgpt.com

Yozamp et Vaidya — fréquence de l’aldostéronisme primaire, particulièrement dans l’hypertension résistante.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32832727/?utm_source=chatgpt.com

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