La France vient d’adopter, le 20 juillet 2026, une loi visant à organiser une stratégie nationale de prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires. Ce n’est pas une nouvelle découverte scientifique ni un traitement révolutionnaire : c’est surtout une loi de dépistage plus précoce et plus systématique.
Les principales mesures sont :
• dépistage dès l’âge de 6 ans, surtout pour repérer l’hypercholestérolémie familiale;
• mesure plus systématique de la pression artérielle;
• participation possible des pharmaciens et des physiothérapeutes au dépistage de l’hypertension;
• dépistage et sensibilisation dans les écoles et les milieux de travail;
• évaluation des facteurs classiques : hypertension, diabète, tabagisme, obésité, alcool, cholestérol;
• possibilité d’intégrer le dosage de la lipoprotéine(a), ou Lp(a), lors de certains rendez-vous de prévention.
Le fameux « 80 % »
Le chiffre est souvent mal formulé.
Il ne signifie pas que 80 % des hospitalisations actuelles disparaîtront grâce à cette loi. Il signifie plutôt qu’une proportion importante des infarctus, AVC ou maladies cardiovasculaires prématurées est théoriquement évitable ou retardable lorsque les facteurs de risque modifiables sont contrôlés : tabagisme, hypertension, hyperglycémie, sédentarité, obésité, etc. L’OMS dit que la majorité des maladies cardiovasculaires peuvent être prévenues; certaines organisations parlent d’environ 80 % des infarctus et AVC prématurés.
Le titre de PasseportSanté semble donc mélanger trois choses différentes :
1. les maladies ou événements cardiovasculaires théoriquement évitables;
2. les hospitalisations associées;
3. l’effet réel futur de cette loi.
On ne possède évidemment pas encore de données démontrant que ces nouvelles mesures françaises éviteront 80 % des hospitalisations. La loi vient tout juste d’être adoptée et plusieurs modalités doivent encore être précisées par décret.
Mon verdict
L’idée générale est solide : détecter une hypertension, un diabète ou une hypercholestérolémie familiale avant l’infarctus est franchement plus intelligent que d’attendre l’accident.
Mais le système reste très axé sur le dépistage de marqueurs :
• pression artérielle;
• glycémie et diabète;
• cholestérol;
• Lp(a);
• tabac et poids.
Et pas grand–chose sur l‘hyperinsulémie, sur la nutrition élevée en glucides.
Le problème est que dépister n’est pas prévenir à lui seul. Mesurer davantage de pression, de LDL ou de Lp(a) ne réduit aucun risque tant que les causes métaboliques et comportementales ne sont pas réellement corrigées.
Et, comme d’habitude, « alimentation équilibrée » demeure une formule assez vague pour permettre à chacun d’y mettre ce qu’il veut.
Donc : bonne mesure de santé publique, titre gonflé, et aucune preuve pour l’instant qu’elle réduira les hospitalisations dans les proportions annoncées
