Santé - divers · 18 août 2026 · par Daniel Bigras

CHOLESTÉROL : CE TRAITEMENT FILTRE AUSSI LES POLLUANTS DU SANG

Oui, le fond de l’article est réel, mais le titre de PasseportSanté donne une impression beaucoup plus établie que ce que montre réellement l’étude.

Ça m’a intéressé comme article, car on se fait tellement empoisonner par les microplastiques depuis quelques décennies, que je souhaite, comme plusieurs, voir une solution un de ces jours.

Il s’agit d’une étude publiée le 4 août 2026 dans Brain Health par une équipe allemande. Ils ont étudié l’aphérèse thérapeutique, plus précisément la plasmaphérèse à double filtration : on sort le sang, on sépare le plasma, on le fait passer dans un filtre conçu notamment pour retenir les lipoprotéines, puis on retourne le sang au patient. Ce n’est donc pas un médicament contre le cholestérol, ni une intervention banale : c’est essentiellement une forme de filtration extracorporelle utilisée surtout dans des dyslipidémies sévères.

CE QU‘ILS ONT RÉELLEMENT TROUVÉ

Chez 14 patients, ils ont mesuré quatre PFAS avant et immédiatement après l’aphérèse. Les concentrations sanguines ont diminué jusqu’à environ 25 % selon une méthode analytique. Dans un deuxième petit sous-groupe analysé par un autre laboratoire, les diminutions moyennes de cinq PFAS étaient de 43,5 à 75,8 %.

Et ça, c‘est réellement intéressant.

L’explication proposée est particulièrement intrigante : certains PFAS se lient aux protéines plasmatiques et aux lipoprotéines. En retirant LDL/VLDL et d’autres grosses structures du plasma, le filtre pourrait donc emporter les polluants qui voyagent avec elles. Les chercheurs ont également récupéré certains de ces contaminants dans le matériel provenant des filtres, ce qui appuie l’idée d’une véritable extraction plutôt qu’une simple redistribution dans le sang.

Pour les microplastiques : beaucoup moins convaincant
Là, PasseportSanté devrait probablement mettre un gros astérisque.
Il n’y avait que 4 patients pour certaines analyses de microplastiques. Le polyéthylène a diminué chez les quatre, le PVC chez trois, mais certains autres polymères ont augmenté après l‘aphérèse. Les chercheurs évoquent plusieurs possibilités : contamination analytique, variations de mesure ou même contribution du plastique provenant des tubulures et du matériel d’aphérèse.

Donc :

PFAS : signal préliminaire assez solide et biologiquement plausible.

Microplastiques : signal intéressant, mais très loin d‘être démontré.

Et surtout, ils mesurent ce qui se trouve dans le sang immédiatement après le traitement. Ils ne démontrent absolument pas que 50 ou 70 % des PFAS ou microplastiques du corps entier ont disparu. Les contaminants stockés dans le foie, le cerveau, les reins ou d’autres tissus pourraient ensuite retourner dans la circulation.

Le détail que je trouve le plus intéressant

Ce n’est presque pas « on peut détoxifier le sang ».

C’est plutôt :

Pourquoi une machine conçue pour retirer des lipoprotéines retire–t–elle également certains PFAS?

Si une fraction appréciable de ces polluants circule associée aux lipoprotéines, ça ouvre une question beaucoup plus intéressante sur les liens observés entre exposition aux PFAS, métabolisme lipidique et risque cardiométabolique.

Mais avec 14 sujets, aucun groupe contrôle, mesures aiguës et aucune donnée clinique à long terme, on n’est certainement pas rendu à : « allez faire une aphérèse pour éliminer vos PFAS ». Les auteurs eux-mêmes demandent des essais contrôlés beaucoup plus importants.

Verdict : 🟢 étude véritable et résultat fascinant; 🟡 PFAS prometteur mais très préliminaire; 🔴 affirmation de “détoxification des microplastiques” beaucoup trop précoce.

Source: https://www.passeportsante.net/magazine/sante?doc=cholesterol-traitement-qui-filtre-aussi-polluants

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