Nutrition · 18 octobre 2026 · par Daniel Bigras

Faible en glucides ou cétogène : une chirurgienne répond à vos questions

Après sa vidéo comparant le régime cétogène et le régime méditerranéen, la Dre Lily Johnston — chirurgienne des vaisseaux sanguins spécialisée en prévention — répond aux nombreuses questions des spectateurs. Voici l’essentiel.

Pourquoi le groupe cétogène a–t–il mieux fait fondre la graisse du foie ? Les protéines ? Les protéines aident en général : elles protègent les muscles (et le muscle consomme du sucre), elles ralentissent la vidange de l‘estomac, atténuent les pics de sucre dans le sang et augmentent la satiété. MAIS, précise-t-elle, dans cette étude la masse musculaire a évolué de la même façon dans les trois groupes — donc pas de protection musculaire supérieure côté céto. Son hypothèse : les protéines se transforment en acides aminés, qui déclenchent la sécrétion de glucagon (une hormone qui fait l’inverse de l’insuline). Le glucagon pourrait modifier la façon dont le foie traite les graisses et l’aider à brûler la graisse accumulée à l’intérieur. Une piste intéressante, à confirmer.

L‘étude était–elle financée par l‘industrie pharmaceutique ? Non. Elle a été financée par des subventions et une fondation. Un des auteurs déclare des liens avec plusieurs entreprises (dont une qui développe un médicament contre l’obésité), mais déclarer un lien ne veut pas dire que l‘entreprise a influencé l‘étude — c’est une simple obligation de transparence.

Seulement 55 participants, dont 42 jusqu‘au bout — une étude « risible » ? C’est le prix des études très poussées : tous les repas préparés par une cuisine dédiée pendant des mois, IRM, analyses et marqueurs sanguins poussés. On ne peut pas faire passer des centaines de personnes par un protocole aussi lourd : il faut choisir entre la profondeur et la largeur. Les grandes études d’observation (des centaines de milliers de personnes) voient large mais en surface. Aucune étude n‘est parfaite ; chacune apporte une pièce du casse-tête, et le travail du clinicien est d’assembler les morceaux.

« Faible en glucides » ou « cétogène », quelle différence ? « Faible en glucides », c’est en général 50 g de glucides par jour ou moins. Le « cétogène », lui, ne se définit pas par un nombre de glucides mais par la mesure des corps cétoniques dans le sang (le bêta-hydroxybutyrate). 20 g par jour met presque tout le monde en cétose, mais certains y restent à 40 ou même 100 g selon leur activité physique, et d’autres n’y arrivent pas à 20 g. Dans l’étude, les chercheurs ont bien mesuré les cétones : le groupe était réellement en cétose.

Manger plus de gras pour perdre du gras ? Oui : les preuves montrent que c’est une des façons d‘y arriver. Il faut permettre au corps de puiser dans ses réserves d’énergie et de les brûler. Chez les personnes très résistantes à l‘insuline (dont les cellules répondent mal à l’insuline, l’hormone qui fait entrer le sucre dans les cellules), baisser les glucides peut déclencher ce mécanisme.

Et le café ? Un spectateur affirmait qu’une tasse de café noir contient 10 g de glucides ; elle corrige (plutôt 2 g), tout en le félicitant d’avoir fait reculer sa stéatose hépatique (l’accumulation de graisse dans le foie), son prédiabète et son hypertension grâce au céto puis au carnivore. Le café peut sortir certaines personnes de la cétose en provoquant un pic de cortisol (l’hormone du stress), mais la plupart peuvent garder leur café noir sans problème.

Petit clin d’œil aux années 90 : les biscuits allégés SnackWell‘s de son enfance — l’ère du « sans gras » n’a pas freiné l‘épidémie d‘obésité.

Source : Dre Lily Johnston —
https://www.youtube.com/watch?v=t0QPAOVMgMc

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