Dans cet épisode de son balado (environ 51 minutes), la Dre Jaimela Dulaney, MD, médecin devenue adepte d’une alimentation très faible en glucides, reçoit Scott Hoover, coureur d’ultra-endurance connu sous le nom de « No Carb Runner » — le coureur sans glucides — et organisateur de courses. Son parcours de départ est sombre : vers 38 ans, il pèse environ 250 livres, il vit avec l’anxiété, la dépression et des crises de panique, et il prend depuis plus de vingt ans un médicament calmant de la famille des benzodiazépines (le diazépam) — des médicaments dont il est, dit la Dre Dulaney, très difficile de se sevrer. Il buvait depuis toujours des boissons gazeuses pleines de sucre, mangeait mal, avait fumé depuis l’adolescence, et n’arrivait plus à grimper dans son camion. Un médecin lui avait un jour seulement suggéré d’arrêter les boissons gazeuses ; sinon, chaque visite ajoutait ou changeait un médicament.
Le tournant vient d’un balado où un coureur d’ultra parle de l’alimentation cétogène — manger très peu de glucides, beaucoup de gras, pour que le corps brûle du gras plutôt que du sucre. Scott essaie. En deux semaines, il perd une vingtaine ou une trentaine de livres — beaucoup d’inflammation, dit-il — et, fait marquant pour lui, il cesse d’avoir besoin de ses calmants « au cas où » ; en deux à trois semaines, il s’en est débarrassé, après 22 ans d’usage. Il entend ensuite parler de l’alimentation carnivore grâce au Dr Shawn Baker, mais reste surtout cétogène au début, avec beaucoup de bacon, d’œufs et de bœuf. Dix ou onze ans plus tard, il mange essentiellement de la viande et du poisson — jusqu’à deux livres de faux-filet par jour à une époque, aujourd’hui davantage de poisson, de saumon, de crevettes et de sardines chaque matin, avec beaucoup de beurre.
Lui qui n’était pas coureur se met ensuite à courir, avec des chaussures prêtées par son beau-père de plus de 70 ans, coureur de toujours : d’abord un demi-mille à bout de souffle, puis il progresse jusqu’à courir ses 5 kilomètres en une vingtaine de minutes. Puis viennent les courses d‘ultra–endurance. Son constat central, qui donne son titre à l’épisode : avec les glucides, il frappait le fameux « mur » — vers le 18e mille d’un marathon ou le 30e mille d’un ultra, l’énergie s’effondre quand les réserves de sucre sont vides, les gels sucrés deviennent impossibles à avaler, et il finissait brisé pendant une semaine après un simple 50 kilomètres. Et il se reprochait de « ne pas s’être assez entraîné », alors que, selon son analyse d’aujourd’hui, c’était l’épuisement du sucre — et l’insuline, l’hormone qui monte quand on mange des glucides et qui bloque l‘accès au gras du corps — qui le clouait sur place.
Sans glucides, son expérience est inverse : pas de mur, une fatigue normale mais pas de douleur qui s‘installe, et une récupération qui le surprend lui-même — après une course de 200 milles (un peu plus de 300 kilomètres, environ 60 heures de déplacement), il court 10 milles dès le lendemain et gagne un 5 kilomètres la semaine suivante. Ses mesures racontent la même stabilité : avec un appareil qui mesure le sucre en continu, son taux reste la plupart du temps entre 80 et 100 ; il monte quand son cœur dépasse 140 battements par minute à la course, puis redescend tranquillement, sans chute brutale. Il admet honnêtement une difficulté : entrer en cétose — l’état où le corps fabrique ces corps cétoniques, un carburant tiré du gras — lui est presque impossible malgré ses efforts ; le poisson semble l’y aider davantage que le bœuf, peut-être, suggère la Dre Dulaney, parce qu’un excès de protéines peut freiner la production de cétones.
Le lien avec la santé mentale traverse tout l’entretien. Scott affirme que deux jours à manger des glucides suffisent à le replonger dans la déprime et l’envie de ne rien faire, et que des écarts répétés lui ont déjà ramené les crises de panique. La Dre Dulaney relie cela aux travaux de la psychiatrie métabolique — elle cite notamment la psychiatre Georgia Ede et son livre sur l’alimentation et le cerveau — selon lesquels un cerveau qui gère mal le sucre pourrait contribuer à plusieurs troubles : anxiété, dépression, trouble bipolaire, et autres. Aujourd’hui, Scott travaille de longues journées dans la démolition, se lève vers 3 heures pour courir avant le travail, et organise des courses où il accueille les participants un par un. Son mot de la fin aux coureurs : garder le sourire, même quand ça va mal.
(À noter : il s’agit d’un témoignage personnel et d’expériences racontées par les deux interlocuteurs, non d’une étude contrôlée — mais c’est un récit détaillé, de l’intérieur, de ce que peut changer une alimentation sans glucides chez un coureur d’ultra qui se disait, autrefois, incapable de sortir de chez lui sans médicaments.)
Source : Dre Jaimela Dulaney — https://www.youtube.com/watch?v=PIxVpUMY7zk
