Souvent, on entend des entraîneurs dire sur les réseaux sociaux : « Calories in, calories out », et je trouve ça ridicule en 2026. Car manger des protéines, c’est utiliser 20 à 30 % des protéines pour les digérer, 10 % des glucides, et 0 % des lipides. Donc, si on mange la même quantité de protéines que de glucides, on aura moins d’énergie avec les protéines, car on en brûle davantage que les glucides. Si on mange la même quantité de glucides et de lipides, on aura plus d’énergie avec les lipides, car on n’en brûle pas en les mangeant.
Dans une nouvelle vidéo, le Dr Tony Hampton présente un essai clinique randomisé publié le 27 août 2026 dans Cell Metabolism par des chercheurs de la Washington University School of Medicine qui finalement répond à cette question. Et non, ça dépend de ce qu’on mange.
(https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937)
Et cette étude répond à une question fondamentale :
Est–ce que perdre du poids suffit… ou est–ce que CE QU’ON MANGE compte encore une fois la perte de poids égalisée?
Les chercheurs ont recruté des adultes souffrant de :
• obésité;
• prédiabète;
• foie gras.
Ils les ont répartis au hasard entre trois alimentations complètement différentes :
🥩 Cétogène : environ 4 % glucides, 73 % lipides, 23 % protéines.
🫒 Méditerranéenne : environ 50 % glucides, 35 % lipides, 15 % protéines.
🌱 Végétale faible en gras : environ 70 % glucides, 15 % lipides, 15 % protéines.
Et voici ce qui rend cette étude particulièrement solide :
les chercheurs fournissaient toute la nourriture.
Pas de questionnaire demandant : « Qu’avez–vous mangé mardi dernier? » 😆
Ils rencontraient aussi les participants chaque semaine et ajustaient les calories pour que les trois groupes perdent pratiquement exactement le même poids : environ 10 %. (https://medicine.washu.edu/news/low-carb-diet-delivers-added-liver-benefits-beyond-weight-loss/)
Donc impossible de simplement répondre :
« Le keto a mieux fonctionné parce qu’ils ont perdu plus de poids. »
Ils n’en ont PAS perdu davantage.
🦵 PREMIER RÉSULTAT : PERDRE DU POIDS FONCTIONNE
La sensibilité à l’insuline des muscles s’est améliorée d’environ 50 % dans les trois groupes. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937)
Ça signifie simplement que les muscles répondaient beaucoup mieux à l’insuline et pouvaient donc retirer plus facilement le glucose du sang.
Ici, le type d’alimentation faisait peu de différence.
La perte d’environ 10 % du poids était extrêmement bénéfique dans les trois groupes.
Mais ensuite les chercheurs ont regardé le foie.
Et là…
🤯 LE FOIE N’A PAS DU TOUT RÉAGI DE LA MÊME FAÇON
Le gras dans le foie a diminué de :
🥩 67 % avec le keto
contre environ :
🫒🌱 45 % avec les deux autres alimentations.
Même perte de poids.
Beaucoup plus de gras retiré du foie. (https://medicine.washu.edu/news/low-carb-diet-delivers-added-liver-benefits-beyond-weight-loss/)
Et ce n’est pas tout.
La sensibilité à l’insuline du foie s’est améliorée 2 à 3 fois davantage avec l’alimentation cétogène. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937)
Pourquoi est-ce important?
Un foie sensible à l’insuline comprend correctement le message :
« Il y a déjà suffisamment de glucose dans le sang. Arrête d’en fabriquer. »
Un foie résistant à l’insuline continue davantage à produire et libérer du glucose, même lorsqu’on n’en a pas besoin.
C’est notamment ce qui contribue à faire monter la glycémie à jeun avec la maladie métabolique.
🩸 ET L’INSULINE? C’EST ENCORE PLUS SPECTACULAIRE
Sur 24 heures, l’insuline a diminué de :
🥩 74 % — keto
🫒 44 % — méditerranéen
🌱 27 % — végétal riche en glucides
Et pourtant, la glycémie ne s’est pas détériorée.
Elle s’est améliorée DAVANTAGE.
La glycémie moyenne sur 24 heures a diminué d’environ :
🥩 20 % avec le keto
contre :
🫒🌱 8 % avec les deux autres alimentations. (https://medicine.washu.edu/news/low-carb-diet-delivers-added-liver-benefits-beyond-weight-loss/)
Ça signifie quelque chose de très simple :
LE CORPS CONTRÔLAIT MIEUX LE GLUCOSE… AVEC BEAUCOUP MOINS D’INSULINE.
Ce n’est pas un pancréas qui fonctionne moins bien.
C’est un organisme qui a besoin de beaucoup moins d’insuline pour accomplir le travail.
Un peu comme une usine qui produit le même résultat en consommant beaucoup moins d’électricité.
🏭 POURQUOI LE FOIE A–T–IL AUTANT AIMÉ LE FAIBLE EN GLUCIDES?
Les chercheurs ont notamment observé une diminution plus importante de la lipogenèse de novo.
Expression compliquée pour quelque chose d’assez simple :
c’est lorsque le foie fabrique du nouveau gras.
Avec seulement 4 % des calories provenant des glucides, il y avait beaucoup moins de matière première et de signal hormonal favorisant ce processus.
Résultat :
moins de nouveau gras fabriqué dans un foie qui en contenait déjà beaucoup trop. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937)
😮 ET LE PRÉDIABÈTE?
À la fin :
🥩 50 % du groupe keto ne répondait plus aux critères du prédiabète.
🫒 29 % du groupe méditerranéen.
🌱 7 % du groupe riche en glucides. (https://medicine.washu.edu/news/low-carb-diet-delivers-added-liver-benefits-beyond-weight-loss/)
C’est spectaculaire.
Mais il faut garder la taille de l’étude en tête :
seulement 14 personnes ont terminé dans chaque groupe.
Donc environ :
7 personnes contre 4 contre 1.
Très intéressant.
Pas encore une réponse définitive.
🧈 ET 73 % DE L’ÉNERGIE PROVENAIT DU GRAS…
Malgré cette énorme consommation de lipides, les chercheurs n’ont pas observé de différence significative entre les groupes pour :
• le LDL;
• l’ApoB;
• les triglycérides mesurés sur 24 heures. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937)
L’ApoB représente essentiellement le nombre de particules sanguines pouvant participer à la formation de plaques dans les artères.
Ça ne prouve évidemment pas qu’une alimentation cétogène très grasse est sans risque cardiovasculaire pendant 20 ans.
L’étude a duré seulement quelques mois.
Mais ça ne correspond certainement pas non plus au scénario simpliste :
« 73 % de gras = catastrophe immédiate pour le cholestérol. »
🎯 CE QUE CETTE ÉTUDE DÉMONTRE VRAIMENT
Elle détruit une vieille fausse opposition :
« Les calories comptent » OU « les macronutriments comptent ».
Les deux peuvent compter.
La perte de poids comptait énormément.
Les trois groupes ont perdu 10 % de leur poids et leur santé métabolique s’est améliorée.
Mais lorsque la perte de poids a été rendue pratiquement identique :
la composition de l’alimentation a ENCORE fait une différence majeure.
Particulièrement pour :
🔥 le gras dans le foie;
🔥 la résistance à l’insuline du foie;
🔥 la quantité d’insuline nécessaire;
🔥 la glycémie sur 24 heures.
Et chez des personnes qui avaient précisément :
obésité + prédiabète + foie gras
l’alimentation contenant le moins de glucides a produit les meilleurs résultats sur plusieurs des problèmes métaboliques qu’elles avaient justement besoin de corriger.
C’est probablement la phrase la plus importante de toute l’étude :
DEUX PERSONNES PEUVENT PERDRE EXACTEMENT LE MÊME POIDS… SANS OBTENIR EXACTEMENT LES MÊMES BÉNÉFICES MÉTABOLIQUES.
La balance nous dit combien de masse a disparu.
Elle ne nous dit pas ce qui s’est passé dans le foie, la glycémie ou l’insuline.
Et cette étude vient de le démontrer de façon particulièrement élégante.
Étude : Petersen MC et coll., Effect of diet macronutrient content on the cardiometabolic response to weight loss: A randomized clinical trial, Cell Metabolism, 27 août 2026. DOI : 10.1016/j.cmet.2026.07.020. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1550413126002937?utm_source=chatgpt.com)
https://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131(26)00293-7
https://medicine.washu.edu/news/low-carb-diet-delivers-added-liver-benefits-beyond-weight-loss/
