Nutrition · 7 septembre 2026 · par Daniel Bigras

BACON, ŒUFS ET 73 % DE GRAS… ET DE MEILLEURS RÉSULTATS MÉTABOLIQUES?

Dans un nouvel article, le Dr Nick Norwitz revient sur un essai clinique randomisé publié fin août 2026 dans Cell Metabolism. Et le titre de Norwitz ne fait pas dans la subtilité :

« Keto contre méditerranéen : keto a gagné. »

https://staycuriousmetabolism.substack.com/p/a-major-trial-put-keto-against-the

Pour cette population et pour plusieurs marqueurs métaboliques importants… c’est effectivement ce que l’étude a trouvé.

Les chercheurs ont étudié des personnes souffrant d’obésité, de prédiabète et de foie gras. Ils ont comparé trois alimentations pendant plusieurs mois :

🥩 Cétogène : 4 % glucides, 73 % lipides, 23 % protéines.
🫒 Méditerranéenne : 50 % glucides, 35 % lipides, 15 % protéines.
🌱 Végétale faible en gras : 70 % glucides, 15 % lipides, 15 % protéines.

Et ce n’était pas une étude du genre : « Voici un questionnaire, essayez de vous rappeler ce que vous avez mangé la semaine passée. »

Les chercheurs fournissaient toute la nourriture.

L’adhésion dépassait 95 %, et ils ajustaient les calories afin que les trois groupes perdent pratiquement exactement le même poids : environ 10 %.

C’est là que l’étude devient vraiment intéressante.

⚰️ LE « CALORIES IN, CALORIES OUT » SIMPLISTE PREND UNE AUTRE PELLETÉE DE TERRE

Si les calories et la perte de poids expliquaient tout, les trois groupes auraient dû finir avec des résultats métaboliques très semblables.

Ce n’est pas ce qui s’est produit.

Les muscles se sont effectivement améliorés de façon comparable : leur sensibilité à l’insuline a augmenté d’environ 50 % dans les trois groupes.

En français normal : après avoir perdu 10 % de leur poids, leurs muscles avaient besoin de moins d’insuline pour absorber correctement le glucose.

Donc oui : perdre du gras excédentaire compte énormément.

Mais lorsqu’on regarde le foie, les résultats se séparent franchement.

Le gras dans le foie a diminué de :

🥩 67 % avec le keto
🫒 45 % avec le méditerranéen
🌱 45 % avec le végétal faible en gras

Même perte de poids. Beaucoup plus de gras éliminé du foie avec le keto.

🩸 ET L’INSULINE?

Encore plus spectaculaire.

Sur 24 heures, l’insuline a diminué de :

−74 % avec le keto, contre −44 % avec le méditerranéen et −27 % avec le végétal faible en gras.

Pendant ce temps, la glycémie sur 24 heures diminuait elle aussi davantage :

−20 % avec le keto, contre environ −8 % dans les deux autres groupes.

Autrement dit :

le corps contrôlait mieux son glucose tout en ayant besoin de beaucoup moins d’insuline.

Ça, c’est exactement ce qu’on souhaite lorsqu’une personne souffre de résistance à l’insuline.

🏭 LE FOIE FABRIQUAIT AUSSI BEAUCOUP MOINS DE GRAS

Les chercheurs ont mesuré la lipogenèse de novo.

Nom compliqué, idée simple :

c’est lorsque le foie fabrique du nouveau gras à partir de l’énergie qu’il reçoit, notamment des glucides.

Ce processus a diminué beaucoup plus fortement avec l’alimentation cétogène. La production de nouveau glucose par le foie diminuait également davantage.

Ça aide à comprendre pourquoi quelqu’un peut manger une alimentation contenant énormément de gras…

tout en PERDANT davantage de gras dans son foie.

Le gras qu’on mange et le gras qui s’accumule dans un foie malade ne sont donc pas une simple équation :

« Mange du gras = mets du gras dans ton foie. »

Le contexte hormonal et métabolique compte.

🍳 ET QU’EST-CE QU’ILS MANGEAIENT EXACTEMENT?

C’est là que Norwitz s’amuse un peu. 😆

Le groupe keto mangeait notamment des omelettes avec bacon et saucisses, bœuf avec fromage, porc effiloché et poisson.

Le groupe méditerranéen recevait notamment pâtes au pesto, quinoa avec haricots et maïs, soupe minestrone.

Le groupe végétal faible en gras mangeait notamment gruau pomme–banane, smoothies aux fruits, haricots rouges et riz.

Et malgré environ cinq fois plus de gras saturés et énormément plus de cholestérol alimentaire dans le groupe keto…

il n’y avait PAS de différence significative entre les groupes pour le LDL ou l’ApoB.

L’ApoB représente essentiellement le nombre de particules capables de participer à la formation de plaques dans les artères.

Ça ne prouve évidemment pas qu’une alimentation riche en gras saturés est sans risque cardiovasculaire pendant 30 ans.

Mais ça démontre qu’on ne peut pas prédire la réponse métabolique d’une personne simplement en regardant ce qu’il y a dans son assiette.

🎯 LA LEÇON LA PLUS IMPORTANTE

Cette étude ne démontre pas que tout le monde devrait manger keto.

Elle concernait spécifiquement des personnes avec obésité, prédiabète et foie gras.

Mais elle démontre quelque chose de très important :

Même perte de poids ≠ mêmes résultats métaboliques.

Les calories ont compté : les trois groupes ont perdu environ 10 % de leur poids et tous se sont améliorés.

Mais les macronutriments — glucides, lipides et protéines — ont également compté.

Chez ces personnes métaboliquement malades, réduire les glucides à environ 4 % des calories a produit des améliorations supplémentaires importantes dans le foie, la glycémie et l’insuline.

Et j’adore la façon dont Norwitz résume finalement le problème :

Arrêtons de demander : « Quelle est l’alimentation la plus saine? »

Demandons plutôt : « La plus saine… POUR QUI? »

Parce qu’un bol de quinoa et une omelette au bacon n’entrent pas dans un laboratoire vide.

Ils entrent dans un être humain avec une physiologie particulière.

Et cette étude vient de démontrer que cette physiologie peut complètement changer la réponse.

📚 https://doi.org/10.1016/j.cmet.2026.07.020

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