Nutrition · 14 septembre 2026 · par Daniel Bigras

Dr Joseph Dahine, MD veut qu’on se parle franchement sur le réseau de la santé. Tiens, voici plus de 30 choses que je changerais dans le réseau, et plusieurs vont grandement déranger!

1 — SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX

A. SANTÉ MÉTABOLIQUE ET PRATIQUE MÉDICALE

1. Réformer la formation des médecins
Exiger au moins 30 crédits universitaires en santé métabolique pour tous les nouveaux médecins : nutrition, résistance à l’insuline, activité physique, sommeil et prévention des maladies chroniques.

2. Former obligatoirement les médecins déjà en exercice
Donner trois ans aux médecins actuels pour compléter cette formation, après quoi la certification deviendrait une condition du droit d’exercice.

3. Rendre l’évaluation métabolique obligatoire lorsque pertinente
La santé métabolique devra être évaluée et documentée avant certains traitements de maladies chroniques, faute de quoi la RAMQ pourrait refuser leur remboursement.

4. Faire de la médication une option plus tardive lorsque la situation le permet
Pour plusieurs maladies chroniques, les interventions métaboliques et comportementales devront être proposées avant de centrer le traitement sur les médicaments, sauf urgence, contre-indication, échec ou refus du patient.

5. Rémunérer les médecins selon les résultats de santé
Permettre aux médecins non incorporés de recevoir jusqu’à 1 000 $ par patient en santé, selon des critères objectifs et ajustés à la complexité des patients.

6. Interdire l’incorporation des nouveaux médecins
Maintenir les droits acquis des médecins déjà incorporés, mais fermer cette possibilité aux nouveaux médecins.

7. Réformer les orientations professionnelles en nutrition
Faire évoluer les recommandations des diététistes-nutritionnistes en fonction des résultats cliniques et de l’évolution des données scientifiques.

B. RECHERCHE, NUTRITION ET PRÉVENTION

1. Financer des études québécoises à long terme sur la nutrition hypercarnivore
Étudier son efficacité et sa sécurité pour différentes maladies chroniques avec nourriture fournie, suivi biologique poussé et moniteurs continus lorsque pertinents.

2. Créer un Guide nutritionnel québécois GBSQ
Proposer environ 50 % de viandes et aliments marins, 25 % de produits animaux et marins et 25 % de fruits et légumes sélectionnés, avec très peu de produits ultratransformés.

3. Réduire radicalement les produits ultratransformés
Combiner taxation importante, restrictions de publicité et de vente et interdictions ciblées selon les produits.

4. Investir massivement dans la sensibilisation à la santé
Utiliser réseaux sociaux, YouTube, télévision, écoles et médias pour promouvoir nutrition, santé métabolique, sommeil, activité physique et prévention.

C. ACCESSIBILITÉ ET ABORDABILITÉ DE L’ALIMENTATION
1. Réduire le prix des aliments animaux peu transformés
Faciliter notamment la décentralisation de l’abattage, de la découpe, de la finition et de la transformation afin de réduire les coûts et les intermédiaires.

2. Autoriser le lait cru sous encadrement sanitaire
Permettre sa vente avec normes de sécurité, analyses, traçabilité et information claire des populations plus à risque.

3. Favoriser le lait A2
Encourager l’identification des troupeaux A2/A2, la production, l’étiquetage et la disponibilité des produits laitiers A2.

4. Accroître fortement la concurrence alimentaire
Réduire ou abolir les mécanismes qui limitent artificiellement la compétition entre fermes, producteurs, transformateurs et circuits de distribution.

5. Offrir gratuitement le déjeuner aux enfants à l’école et en garderie
Privilégier des aliments complets et nutritifs comme les œufs, le fromage, les viandes et d’autres aliments peu transformés.

D. PREMIÈRE LIGNE ET ACCÈS AUX SOINS

1. Faire du professionnel approprié la première ligne et du médecin davantage la dernière ligne
Élargir les champs de pratique des IPS, infirmières, pharmaciens, physiothérapeutes, kinésiologues, paramédics et autres professionnels.

2. Utiliser la première ligne à distance chaque fois que possible
Faire de Teams ou d’autres outils de télésanté une porte d’entrée normale lorsque la situation le permet, avec inscription immédiate des informations au dossier numérique.

3. Diriger le patient vers la ressource disponible le plus rapidement
Comparer automatiquement temps d’attente, temps de déplacement et capacité clinique, sans limiter artificiellement le patient à son territoire.

4. Élargir fortement le rôle des paramédics
Permettre davantage d’évaluation et de traitement sur place, de télésoutien, d’accès au dossier, d’orientation directe et de suivi à domicile.

5. Développer massivement les soins à domicile et les équipes mobiles
Déployer médecins, IPS, infirmières, paramédics, préposés et autres professionnels avec une flotte de véhicules dotés d’équipements médicaux spécialisés.

E. ORGANISATION CLINIQUE ET CONDITIONS DE TRAVAIL
1. Réduire fortement le travail clinique en silo
Favoriser une prise en charge multidisciplinaire des patients complexes plutôt qu’une succession de spécialistes travaillant indépendamment.

2. Permettre aux établissements publics de vendre certains services de santé physique et sociale
Autoriser notamment kinésiologie, entraînement, prévention, réadaptation et autres services spécialisés lorsque les établissements souhaitent les offrir.

3. Mettre fin aux listes de rappel comme mode normal d’emploi
Réserver les listes de rappel aux véritables besoins temporaires et transformer les besoins récurrents ou structurels en postes permanents.

4. Abolir le temps supplémentaire obligatoire
Aucun employé ne pourra travailler plus de 12 heures consécutives sans bénéficier d’au moins 8 heures de repos, même s’il accepte volontairement de poursuivre son quart.

5. Créer un recours indépendant pour les employés victimes d’incivilité
Mettre en place un mécanisme externe aux établissements pour traiter les plaintes de manque de respect, intimidation, incivilité ou représailles sans dépendre de la hiérarchie locale.

F. SANTÉ MENTALE ET JEUNESSE
1. Intégrer davantage la santé métabolique à la santé mentale
Inclure davantage nutrition, activité physique, sommeil et autres facteurs métaboliques dans l’évaluation et la prise en charge psychiatrique et psychologique.

2. Élargir les options thérapeutiques en dépendance et santé mentale grave
Permettre davantage d’approches thérapeutiques et étudier ou autoriser certaines substances psychoactives ou microdoses dans des cadres médicaux contrôlés lorsque les données le justifient.

3. S’attaquer aux effets des réseaux sociaux et des écrans chez les jeunes
Étudier notamment les limites d’âge, les mécanismes addictifs et les différentes plateformes afin de déterminer les restrictions québécoises appropriées.

G. ACTIVITÉ PHYSIQUE ET SANTÉ FONCTIONNELLE
1. Permettre à la RAMQ de financer certaines activités physiques prescrites
Couvrir une partie de la kinésiologie, de l’entraînement supervisé, de la réadaptation et d’autres interventions physiques lorsqu’elles font partie du traitement ou de la prévention.

2. Créer le ministère de l’Activité physique et de la Santé fonctionnelle
Lui confier les standards, la recherche et la sensibilisation concernant force musculaire, mobilité, capacité cardiovasculaire, santé osseuse, équilibre, sarcopénie et autonomie, avec Laurent Duvernay-Tardif comme choix envisagé pour le diriger.

3. Maintenir un ministère distinct des Sports organisés, des Loisirs et du Plein air
Ce ministère demeurerait responsable des sports structurés, fédérations, ligues, loisirs et activités de plein air plutôt que de la santé physique générale.

H. GOUVERNANCE DU RÉSEAU
1. Recentrer les responsabilités entre le Ministère, Santé Québec et les établissements
Le Ministère fixe les directives; Santé Québec coordonne ce qui est transversal et fournit la logistique et les processus de référence; les établissements demeurent responsables du clinique et peuvent adapter ces processus localement.

2. Mettre fin à OPTILAB comme structure de gouvernance
Retourner la responsabilité opérationnelle des laboratoires aux établissements tout en conservant les technologies communes, standards provinciaux et centralisation des analyses qui gagnent réellement à l’être.

I. DOSSIER SANTÉ NUMÉRIQUE ET SOUVERAINETÉ TECHNOLOGIQUE
1. Ne pas renouveler automatiquement Epic à l’échéance du contrat
Utiliser l’expérience acquise pendant le contrat actuel pour développer progressivement une solution québécoise de dossier santé numérique, ouverte, modulaire, interopérable et propriété du Québec.

2. Faire du développement du futur DSN québécois un grand mandat de Santé Québec
Santé Québec devra construire et préparer la relève technologique pendant plusieurs années afin qu’une solution québécoise viable soit prête avant la fin du contrat Epic.

J. LEADERSHIP POLITIQUE
1. Nommer Dre Èvelyne Bourdua-Roy ministre de la Santé
Ou choisir une personne qu’elle appuie et qui partage fortement l’orientation GBSQ en santé métabolique, prévention et traitement des maladies chroniques. 😁

K. TRANSPARENCE ET PERFORMANCE
1. Créer un tableau de bord public de performance du réseau
Publier par établissement et par région les délais, résultats cliniques, complications, réadmissions, coûts, satisfaction, TSO, absentéisme, roulement du personnel et autres indicateurs pertinents.

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