Nutrition · 9 octobre 2026 · par Daniel Bigras

Quand la science n’a plus de réponses : la question qui a sauvé son côlon

Nick Norwitz est médecin et chercheur, formé à Oxford et à Harvard. À 22 ans, il avait tout pour réussir : premier de sa promotion, un doctorat en poche, une place à la faculté de médecine. Mais en même temps, une grave maladie inflammatoire de l‘intestin lui volait sa vie : crises violentes, séjours à l’hôpital à répétition, malnutrition si profonde que son cœur s’emballait parfois.

L’ironie est cruelle : issu d’une famille de médecins, entouré des meilleurs soins, la médecine officielle ne parvenait plus à le soigner. Les médicaments ne faisaient plus effet, et on a commencé à lui parler de lui retirer le côlon (le gros intestin).

Désespéré, il a posé une question simple : est-ce que ce que je mange chaque jour pourrait avoir un effet sur ma maladie de l’intestin ? La réponse des spécialistes a tenu en cinq mots : « il n‘y a pas de preuves ».

Alors il a décidé de devenir son propre cobaye. Il a testé une série de régimes : méditerranéen, végétarien, pescétarien, puis des régimes qui éliminent certains aliments, et finalement ce qui semblait le plus extrême : une alimentation cétogène, très pauvre en glucides (les sucres et les aliments qui se transforment en sucre : pain, pâtes, riz, pommes de terre) et très riche en gras — jusqu’à 300 grammes de gras par jour, avec beaucoup d’huile d’olive.

Les résultats ont été spectaculaires : en quelques jours, les diarrhées sanglantes incontrôlables ont cessé. En quelques semaines, ses marqueurs d’inflammation (des mesures dans le sang qui montrent le niveau d’inflammation) étaient au plus bas depuis des années, et son brouillard mental s’est dissipé. Une biopsie (le prélèvement d’un petit morceau de tissu pour l’examiner au microscope) a ensuite confirmé la rémission (la disparition des signes de la maladie). Sept ans et demi plus tard, elle tient toujours, même s’il admet que le parcours n’a pas été parfait.

Sa conclusion dérange : la médecine fondée sur les preuves n’est pas la même chose que la médecine qui guérit. « Fondé sur les preuves » veut souvent dire qu’on a dépensé des dizaines de millions pour une grande étude et obtenu un résultat « statistiquement significatif (assez marqué pour ne pas être attribué au hasard) » — même si l’effet réel est minuscule et ne concerne qu’une partie des patients.

Et surtout, il y a toutes les preuves qu’on ne collecte jamais : personne n’investira 10 millions dans une étude pour savoir si un changement d’alimentation peut guérir une maladie de l’intestin, parce qu’il n’y a pas de modèle d’affaires derrière. Alors cette piste reste « sans preuves » — même quand elle sauve des vies.

Sa solution : arrêter de voir les médecins comme des oracles infaillibles, et faire sa propre expérience personnelle. Tester une approche, observer les résultats sur son propre corps, ajuster, recommencer. Votre corps est le laboratoire le plus important qui soit.

La phrase qui a tout changé pour lui : au lieu de demander « est-ce fondé sur les preuves ? », demandez-vous « que se passe–t–il si je l‘essaie sur moi ? ». Cette question lui a sauvé le côlon. Elle pourrait bien changer votre santé, à vous aussi.

Source :
Vidéo Youtube: https://youtu.be/tN-UD1C_H1Q?si=22d_ixDxL_BpsmPq

Nick Norwitz, infolettre StayCurious Metabolism — https://staycuriousmetabolism.substack.com/p/what-evidence-based-medicine-misses

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